Vous souvenez-vous de cette pub de Mercedes : c’est l’histoire du petit garçon qui veut une crème glacée. Il grandit et il ne pense qu’à ça, avoir un jour sa boule de crème glacée. Il se marie, il a une belle situation et se demande s’il la mérite enfin. Ce n’est qu’à la dernière image que l’on comprend que la récompense du travail, du succès et de la maturité, c’est la voiture de ses rêves. L’analogie de la crème glacée comme objet de désir inaccessible jusqu’au mérite est brillante.

Cocktail, soirée d’ouverture: projection d’images du film Le Moulin et la croix.
photo © sophie pascal

Et bien pour moi, le Festival international du Film sur l’Art c’était la boule de crème glacée qu’il faut attendre, puis savourer. Pendant plus de 10 ans j’ai parcouru les festivals de Montréal — des festivals ethniques et communautaires, aux festivals « mainstream », de jazz, de littérature, de cinéma. Toujours le FIFA me semblait inaccessible, trop intello. Sa facture graphique dorée reflétait une allure d’objet précieux et onéreux. On n’est pas à Walmart ici, on est à La Maison Ogilvy, ou chez Christies. La soirée d’ouverture est offerte par invitation seulement au Musée des Beaux-Arts. On y voit des têtes d’affiche du monde des affaires, des politiciens, des mécènes, des gens qui apprécient l’art et qui ne cherchent pas forcément la notoriété. Il y aurait donc une certaine sobriété, une certaine retenue, un certain sérieux associé au FIFA.

Cocktail, soirée d’ouverture.
photo © sophie pascal

C’est peut-être de cela que souffre le FIFA, si même il en souffre. Il y a une aura d’élitisme qui lui colle à la peau. Est-ce justifié? Est-ce que l’Art est une démarche intellectuelle? Et puis, pourquoi pas? J’en ai parlé avec Simon Brault, jury au FIFA cette année, et membre fondateur de Culture Montréal. Je partagerai, un peu plus tard…

And may a thousand festival flowers bloom!

J’aime beaucoup ce festival, c’est mon préféré de la scène culturelle québécoise. Apparemment, c’est le cas aussi pour Anne Lagacé Dowson, porte-parole maintenant pour la deuxième année consécutive, cette année aux cotés de Franco Nuovo, qui abondait dans le même sens lors de la soirée d’ouverture, jeudi.

L’an dernier, dans le français impeccable qu’on lui connaît, elle parlait du FIFA comme d’une vitrine extraordinaire vers la création, en lançant, en anglais, que ce festival est comme une excursion « down the rabbit hole », faisant allusion au périple fantastique d’Alice au pays des merveilles.

Hier soir, juste avant que René Rozon ne déclare ouverte la 30e édition du FIFA, Anne lançait pour l’occasion : « And may a thousand festival flowers bloom! »

Cocktail, soirée d’ouverture: voyez le moulin?
photo © sophie pascal

Consulter la programmation: www.artfifa.com

Juste un truc: la programmation est plus lisible sur écran que dans le guide papier. http://artfifa.com/fifa.pdf

SP

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