Mardi 3 mai 2011 : C’est intéressant de voir dans la même journée un film numérique relatant la soumission de la femme vis à vis du pouvoir de l’homme dans un village rural du Niger (bien que moralisateur à la faveur de l’éducation des filles), Aissa, amour ou châtiment, et un film où une femme moderne, cultivée et libre arrive à affronter l’homme et son propre passé avec confiance et dignité.

Ce dernier, un très beau long-métrage de Abdellatif Ben Ammar, Les Palmiers blessés, évoque certains faits autour de la guerre de Bizerte, une ville côtière d’intérêt stratégique pour la France après la seconde guerre mondiale, qui a fait 2 000 morts en 2 jours, en 1961. À travers le regard meurtri de la fille d’un de ses défunts combattants, on apprend — ou réapprend — que la première victime des conflits est la vérité, que l’Histoire est écrite par les vainqueurs, et que ceux-ci n’hésitent pas à créer le flou entre le mensonge et la réalité, même à la réécrire à leur avantage…

C’est l’histoire d’une jeune femme qui accepte un travail qui consiste à dactylographier le manuscrit d’un homme mystérieux sur la guerre de Bizerte. On apprend que le père de Chama, Kamel, est mort dans cette même guerre et que son client l’a connu, bien qu’il affirme le contraire. Au cours d’une certaine intrigue — appuyée par des documents d’archives qui ajoutent une véracité indiscutable au contexte du film — Chama connait finalement la vérité sur la mort de son père qui implique son client.

Le film se déroule sans hasard sur fond de guerre en Iraq entre 1990 et 1991, et semble vouloir souligner que si les guerres se répètent, elles restent toutes aussi inutiles.

Une caméra très sensible et une cinématographie subtile, montre le regard d’une femme sur une injustice vieille de 30 ans. Cette Tunisienne très charmante, accommodante et respectueuse, sans jamais être soumise, prend son destin en main et pousse une enquête qui l’amènera à confronter celui qui détient la clé de la vérité. Elle a le cran pour le faire sans vergogne.

Ce qui rend ce film mémorable c’est le traitement en douceur, les relations humaines très attachantes et dignes, ainsi que le fait qu’il relate des faits réels d’une guerre oubliée ou très peu connue, qui prend d’autant plus de signification à la lumière des événements récents en Tunisie.

Le film a été rajouté à la programmation, aujourd’hui à 16h. C’est donc une bonne une occasion de le voir.

En arabe, sous-titré en français.

http://www.vuesdafrique.org/programmation/1014/les-palmiers-blesses

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