Le Festival Vues d’Afrique signifie l’entrée du printemps et des festivals ethniques à Montréal. C’est une merveilleuse occasion de trouver dans l’Autre un reflet salutaire de soi-même, où l’on grandit aussi en sortant de son environnement confortable et en allant à la rencontre de l’Autre dans son élément, pendant quelques heures au moins. On part en voyage d’un bout à l’autre du grand continent africain avec une diversité de productions cinématographiques parfois inégales mais aussi porteuses d’une grande richesse culturelle.

N’en déplaise à certains puristes, le cinéma africain a toujours été inégal. C’est souvent une question de moyens, mais aussi de culture et de priorités. Le regard occidental non habitué est déçu parfois de la lenteur de l’action, de la naïveté de l’écriture, du repli sur les traditions, de l’existence du fétichisme ou d’un certain fanatisme. Mais c’est aussi la vie paisible dans les villages, l’approche facile et sans façon, l’accueil de l’étranger, et un terrain de jeu remplil de poules et de coqs. Les moeurs ne sont pas pareilles.

Aussi, ce sont les moyens qui déterminent le traitement et la réalisation d’un film et la qualité qui en résulte. Depuis plus d’une dizaine d’années, de plus en plus de co-productions permettent à des cinéastes africains de mettre leurs scénarios à l’écran grâce à l’apport des pays du Nord. La qualité des longs métrages de fiction diffèrent donc beaucoup des productions numériques qui s’adressent à un public plus restreint.

Mais ce qui fait aussi la beauté du cinéma africain, c’est cette résilience, cette habilité de faire avec ce que l’on a, et de ne pas perdre le fil de ce qui est important dans la vie. Comme l’explique la sagesse du Sénégalais : « vous en Occident, vous avez l’argent et le confort. En Afrique on a le temps. »

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