Excellente récolte cinéma ce samedi et dimanche au FNC : sans faire exprès, suis tombée sur une thématique traumatismes.

Avec Elisa K. on assiste à ce qui peut arriver — et ce qui arrive plus souvent qu’on ne le pense — à une fille préadolescente pendant la courte absence de surveillance parentale. Dans l’entourage on voit que quelque chose ne va pas car elle a changé, mais en dépit des bonnes volontés, on n’arrive pas à la faire parler. Les années passent, la douleur reste présente mais Elisa s’y habitue. Ce n’est que 14 ans plus tard que le souvenir lui revient et qu’elle découvre avec horreur ce qu’elle avait oublié. Elle passe du déni à l’auto-destruction en un instant.

Le cataclysme est révélé avec un réalisme décapant, un regard cru sur la déconnection, la honte, le dégoût et la haine de soi quand on se souvient de ce que l’inconscient nous cachait. Filmé à Barcelone.

Puis dans Enter the Void, on est ailleurs totalement, dans un univers de néons, de lumières nocturnes et de « trip » de drogues en plein cœur de Tokyo. S’ensuivent des images de synthèses montrant les synapses en délire, sur des modulations sonores inquiétantes. On est transportés dans un univers glauque et dangereux sur 2 trames thématiques : le Livre des morts tibétain qui anticipe les diverses étapes du passage outre-vie d’Oscar, et le traumatisme dans l’enfance des deux protagonistes, Oscar et sa sœur Linda, tout seuls au monde à Tokyo… Un film culte à l’horizon du genre Pulp Fiction, Altered States et Space Odessey 2001. À voir lundi 18 octobre, 12h30 au Quartier latin.

Scoop: les organisateurs nous assurent que le film se retrouvera sur grand écran bientôt…

Le personnage d’Isabelle Huppert dans White Material est très naïf. On est dans un pays africain sans nom, où elle exploite avec son mari une plantation de café. Mais le pays devient très instable et on cherche à chasser les « étrangers qui ont pillés le pays de ses richesses pendant que vous aviez faim ». On creuse la discorde sur les ondes radio… Les rebelles avancent, les enfants sont munis de fusils et de machettes… « L’extrème blondeur donne envie de saccager et les yeux bleus dérangent ».

Dans cette atmosphère, les mauvais sorts s’accumulent mais Marie est tenace, elle tient à récolter son café qui est mur ces jours-ci précisément. Elle ne veut pas quitter ses terres et dénoncent ceux qui partent, disant qu’ils se laissent intimidés. Elle ne voit même pas que son fils a perdu la tête, et ce n’est qu’en voyant flamber sa maison qu’elle se livre elle-même à la folie qui s’est emparée du pays.

C’est un thème qui est aussi exploré dans Disgrace, avec John Malkovitch (2008) : le traumatisme africain et le retour d’ascenseur pour le Blanc, prévisible, incontournable et souvent sanglant. À voir dimanche 24 octobre, 14h45, au Quartier latin.

SP

Advertisements