Neiges et cendres (Snow and Ashes en version originale anglaise)

C’est l’histoire d’un journaliste qui part en Europe de l’Est accompagné d’un photographe, dans le but d’écrire un reportage. Sans savoir où on est, on devine qu’on pourrait être en Tchétchénie car les dialogues sont en russe. Mais c’est tourné ici, dans la région de Québec, et c’est à travers des « flashbacks » qu’on apprend la suite des événements dans ces contrées lointaines qui le ramèneront à Québec dans le coma.

Bien que la caméra à l’épaule puisse donner l’impression d’être dans le feu de l’action, le paysage ne change jamais assez pour qu’on puisse croire être près du front d’un pays en guerre. Et les coups de fusil en sourdine, c’est plutôt énervant parce qu’on sait que ce sont des bruits « en boîte ». Plusieurs situations sont invraisemblables  et on décroche assez rapidement. Par exemple, lorsque les deux (le journaliste et le photographe) sont témoins d’un massacre de civils et qu’ils sont découvert par les assaillants, ils s’enfuient en laissant leurs sacs à dos contenant leurs accréditations de presse et leurs passeports… Il m’aurait semblé plus que logique qu’en zone de guerre tu gardes tes preuves d’identité sur toi…

De plus, le jeu des acteurs est inégal. Le personnage de Miksha, le “passeur” un homme bourru qui se dit homme d’affaires mais qui traîne un fusil de chasse dans l’arrière de sa voiture, est très typé avec son accent, très crédible. Par contre, celui de la jeune femme qui prend soin du reporteur à son retour à Québec, Sophie, est incrédible de son insistance sur-jouée à savoir ce que l’autre ne veut pas dire, et l’absence de nuances dans son approche qui la rend antipathique et plutôt insupportable.

On comprend que le cinéaste Charles-Olivier Michaud ne voulait pas offrir un film à saveur politique soutenu par des exactitudes historiques, plutôt une perspective sur la réalité d’un journaliste de guerre sur le champs sur une courte période de temps. Le problème c’est que le résultat est invraisemblable et plutôt amateur. Par contre, la démarche intéressante aura su récompenser l’ambition du réalisateur, qui a reçu déjà plusieurs prix pour cette première œuvre.

SP

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