Réalisé par Haim Tabakman Avec Zohar Strauss (méconnaissable dans le rôle du commandant, Jamil, dans Lebanon) et Ran Danker

On pourra toujours dire que l’amour, c’est l’amour, ça ne se commande pas.

Mais ça se décommande!

Encore faut-il qu’il ait le droit d’exister, cet amour, qu’il reçoive l’approbation de la famille, de la communauté…

Ainsi soit-il dans toutes les religions. Il y a des amours permis. Et d’autres qui sont interdits. Et on confond amour et sexualité, bien souvent… Et pourtant…

Et puis, l’amour extraconjugal, dont personne n’aime avouer l’existence, est-ce comme une sorte de hernie, genre de matière organique qui franchit les remparts sécuritaires d’un cadre donné, par besoin, par pression, par pulsion?

Religiosité ou mœurs de bonnes gens obligent, le but de l’humain qui cherche à élever sa conscience est toujours de « surmonter ses tendances primaires, choisir le chemin le plus difficile pour servir Dieu», contrôler sa sexualité et ne jamais, au grand jamais, se retrouver dans le pécher.

Quand c’est un Juif orthodoxe qui commet la faute, bien que son humanisme et ses valeurs libérales lui permettent de voir l’autre comme un être respectable à part entière — « toutes les créatures de Dieu sont parfaites ! » — cette ouverture n’est pas forcément partagée. Dans un milieu où hommes et femmes ne doivent pas se toucher en public, comment accepter l’amour entre hommes !

Avec quel courage cet homme marié et père de famille, un « juste » parmi les plus conservateurs de la communauté orthodoxe, peut-il défendre cette relation interdite vis à vis de son rabbin? « J’ai besoin de lui. J’étais mort. Maintenant je suis vivant! » Qui le comprend?

Sans surprise, la pression est trop forte et il capitule. « Ça ne peut plus continuer. J’ai une femme et des enfants… » « Et moi, je n’ai que toi! » Quelle maîtresse d’un homme marié ne reconnaît pas ces paroles? L’histoire n’est pas nouvelle, ni son dénouement tragique.

Mais en dépit du repli attendu vers les valeurs sûres de l’ordre familial établi, la beauté du sentiment ne peut être effacée, éliminée, anéantie pour plaire à ceux qui l’exigent. La recherche d’une spiritualité plus pure, d’une rectitude morale et d’un comportement social qui s’élève au dessus des basses considérations charnelles, a-t-elle gagné la partie? À quel prix?

Sophie Pascal

TU N’AIMERAS POINT – 2009 – 92mn – Clôture du Festival du film israélien de Montréal 2010 – Prix UN CERTAIN REGARD Festival de Cannes 2009
Realisation: Haim Tabakman

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